Port-au-Prince, septembre 2026 – Le dispositif sécuritaire haïtien paraît impressionnant sur le papier : la PNH aligne une vingtaine d’unités spécialisées (CIMO, UDMO, SWAT/GIPNH, BRI, UTAG, BOID, BLTS, BLVV, PoliFRONT, USGPN, USP, CAT Team, ÉPINES, structures de la DCPJ…), les FAd’H sont redevenues opérationnelles, une force internationale de l’ONU est censée épauler ces troupes, et la société militaire privée américaine Vectus Global, dirigée par Erik Prince, apporte combattants, capacités aériennes et drones.
Pourtant, les gangs continuent de défier l’État et de tenir de larges portions du territoire.
Pourquoi ça ne suffit pas
La force internationale de l’ONU, censée atteindre plusieurs milliers d’hommes, accuse un déploiement tardif qui limite son impact immédiat. Pendant ce retard, les gangs consolident leurs positions dans les zones stratégiques. L’arrivée de Vectus Global soulève une question de fond : peut-on vaincre les gangs en multipliant les acteurs armés sans renforcer le commandement et les institutions de l’État ?
Le vrai problème : pas le nombre, mais la stratégie

Le volume de forces ne suffit pas à expliquer la situation. Plusieurs facteurs neutralisent cet avantage numérique :
- commandement fragmenté
- manque de coordination entre acteurs
- lenteur du déploiement international
- faiblesse institutionnelle et instabilité politique
- opacité autour de certaines opérations
Pendant ce temps, la population continue de subir l’insécurité au quotidien.
La question centrale
Si PNH, FAd’H, force internationale et sociétés militaires privées réunies ne parviennent pas à reprendre durablement le contrôle du territoire, le problème n’est sans doute plus militaire, mais lié à la gouvernance et à la coordination stratégique. Combien de forces supplémentaires faudra-t-il mobiliser avant que l’État haïtien reprenne véritablement la main ?

