Accusations graves visant un « avocat » controversé. Ce qui est confirmé, ce qui reste à prouver.

Me Caleb Jean-Baptiste vient d’être enlevé. L’information a été confirmée ce lundi 8 septembre 2026. Les ravisseurs l’ont capturé à La Croix Périsse, dans la zone de Gros-Morne, en Artibonite. Stéphanie Paultre, directrice générale de l’Office national de partenariat en éducation, se trouvait avec lui. Elle a été enlevée au même moment. Elle s’était rendue sur place pour la cérémonie officielle d’ouverture de l’année académique 2026-2027.

Un autre enlèvement a eu lieu le même jour à Delmas 31. Le journaliste Wesly Renaud en a été victime. Les autorités n’ont pas confirmé de lien entre les deux incidents.

Pour l’instant, aucune information officielle ne permet de dire si les ravisseurs ont contacté les proches des victimes. Aucune demande de rançon n’a été confirmée. Ces enlèvements s’ajoutent à une liste déjà longue et rappellent la fragilité de la sécurité en Haïti.

Un homme déjà connu, un statut déjà contesté

Me Caleb Jean-Baptiste n’est pas un inconnu. Le Barreau de Port-au-Prince a publiquement désavoué son titre d’avocat. Le Conseil de l’Ordre avait suspendu ses autorisations de plaider pendant six mois après une vidéo virale où on le voit diriger l’arrestation d’une femme.

Il s’est présenté comme l’avocat ayant obtenu la libération d’Arnel Bélizaire, ancien député connu pour plusieurs démêlés judiciaires. Il a aussi représenté des dossiers liés à des chefs de gang recherchés, dont Vitel’Homme Innocent. Ces liens ont nourri les soupçons sur ses relations avec le grand banditisme.

Des accusations venues d’un chef de gang

Une autre affaire secoue l’opinion publique autour de lui. Le chef du gang 400 Mawozo, Joseph Wilson, alias Lanmò San Jou, l’accuse d’avoir empoché environ 120 000 dollars, ainsi qu’un pistolet Taurus et une arme de type M1, en lien avec la libération d’un dénommé Yonyon. Il l’accuse aussi d’avoir reçu près de 170 000 dollars destinés à la libération de Vitel’Homme Innocent, en plus de sommes pour les dossiers de Bout Jeanjean et Kraze Barye.

Ce sont des accusations, pas des faits établis. Elles viennent d’un chef de gang recherché par la justice haïtienne et américaine. Aucune preuve matérielle n’a été rendue publique. Aucune autorité judiciaire n’a confirmé ni infirmé ces montants.

Ce que ces événements posent comme questions

Le pouvoir en place va-t-il enquêter sur ces accusations, ou l’affaire restera-t-elle sans suite comme tant d’autres ? Ces accusations viennent-elles d’un chef de gang qui cherche à se venger ou à négocier ? Et maintenant qu’il a lui-même été enlevé, qui a intérêt à le faire taire, ou à le faire parler ?

Me Caleb Jean-Baptiste n’a pas pu réagir publiquement. Tant qu’une enquête indépendante n’aura pas établi les faits, tout reste à prouver, dans un sens comme dans l’autre.

Cette affaire est suivie de près. Cet article sera mis à jour dès que des éléments vérifiés viennent confirmer ou contredire ces informations.